Dark Water

Film américain de Walter Salles

Avec Jennifer Connely, Tim Roth





Par Laurence Bonnecarrère
 
Sortie le 31-08-2005

 

Poisse et mélancolie

Une jeune femme en instance de divorce s’installe avec sa petite fille dans un appartement new-yorkais. Le quartier est glauque, l’appartement est sordide, mais l’école voisine bénéficie d’une excellente réputation, c’est la raison du choix. Première nuit, première tâche noire au plafond. Qui n’a pas connu le désespoir de la femme abandonnée en quête d’un plombier un vendredi soir en plein mois d’août ne comprendra pas la charge exceptionnellement oppressante de ce film.

Pourtant l’équation est simple : divorce et fuite d’eau = paradigme de la mélancolie post-moderne. Prise au piège, affolée, la femme est seule, absolument, définitivement seule. Le gardien est occupé, le syndic injoignable, le plombier en vacances, et l’on ne dérange pas ses amis pour des problèmes insignifiants ; quant à l' avocat, convoqué en dernier recours, il estime que votre cas se présente mal : si ça continue, votre mari reprendra la garde de la petite. Est-il exact que vous souffrez de maux de tête handicapants, que vos tendances dépressives ne cessent de s’accentuer ?
Ce petit film facétieux et désespéré nous parle du monde comme il va. Ce n’est certes pas très réconfortant, mais le réalisateur touche une corde sensible, la mise en scène est impeccable et le scénario ingénieux. Un remake réussi magnifié par la beauté de Jennifer Connely.