Frankie Wilde

Film anglais de Michael Dowse

Avec Paul Kaye, Beatriz Batarda, Kate Magowan, Mike Wilmot





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 28-09-2005

Durée: 1h30

 

Ludwig van Ibiza

Au début, j’ai craint le pire vu mon peu de culture en matière de DJ : ces foules en transe dans des lumières crépitantes avec une sono plus violente que la navette spatiale au décollage, tout cela n’augurait rien de bon pour mes petites oreilles. (Dans chaque film, je redoute l’inévitable soirée en boîte, séquence in-mi-xable - mais incontournable - qui semble montée avec les chutes et les doubles de la production précédente et ne fait guère avancer l’action). Alors, tout un film dans ce bastringue cataclysmique, vous imaginez mon angoisse…

Eh bien, j’avais tout faux. Frankie Wilde est une star des DJ mais, après dix minutes de projection, il réalise qu’il devient sourd : maladie professionnelle due au bombardement incessant des enceintes et au cocktail whisky + drogues diverses. La réalisation nous fait alors pénétrer dans l’univers sonore de plus en plus cotonneux du malheureux Frankie et, là où je redoutais un épuisant vacarme, Michael Dowse nous propose une subtile alternance entre ce que nous pouvons entendre et le silence qui assiège progressivement l’ex DJ en proie à des hallucinations. L’image - et surtout le son - sont traités avec beaucoup d’invention et la fantaisie explosive de Frankie (interprété par Paul Kaye) balaye ce qui pourrait faire basculer le récit de ce destin dans le mélodrame beethovenien.

Je suis malheureusement moins convaincu par la fin de cette histoire inspirée, paraît-il, par la réalité : Frankie tombe amoureux de sa belle orthophoniste (également sourde), reprend confiance en lui, et compose un CD qui fait un triomphe mais qu’il n’entendra, évidemment, jamais. Il décide alors de disparaître du show-biz et un ending encore plus happy le montre, désintoxiqué des drogues et d’Ibiza, déambulant avec sa petite famille dans les rues anglaises. Peut-être un peu too much, non ?