Le parfum de la dame en noir

Film français de Bruno Podalydes

Avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, Denis Podalydès





Par Clémentine Gallot
 
Sortie le 14-09-2005

Durée: 1h55

 

Le parfum de ma mère-grand

Bruno Podalydès a-t-il eu raison de tirer du grenier poussiéreux de mamie le livre de votre enfance ? Projet nostalgique et succès annoncé, Le parfum de la dame en noir qui fait suite au Mystère de la chambre jaune est l’enquête bon enfant et paresseuse de la rentrée.

A la mort du génial prestidigitateur Larsan (Pierre Arditi), sa veuve, Mathilde Stangerson (Sabine Azema) épouse Robert Darzac (Olivier Gourmet) et rejoint son fils, le reporter Rouletabille (Denis Podalydès), au Château d’Hercule. Le magicien, revenu d’entre les morts vient hanter le groupe de convives et semer le trouble.
Sans même un rappel pour mettre au parfum le spectateur encore vierge de l’oeuvre de Gaston Leroux, l’on se retrouve plongé dans une procédure mécanique : soupçon, surveillance mutuelle, de type Dix petits nègres, « qui a fait le coup, et si c’était l’un d’entre nous », etc. avec la pesante explication finale qui s’ensuit. Cette enquête rocambolesque et incohérente, dont il nous manque toujours des éléments à la fin, verra surgir, au détour d’un chemin, Vincent Elbaz en gourou de secte Raël, empalé sur une flute à bec. Bonheur secret de cinéphile.
Le programme du film reposant sur la métaphore rebattue du cinéma comme pratique magique, ce serait ainsi un Larsan cinéaste, manipulateur de la lanterne magique qui ferait de nous et des personnages du film, les victimes hypnotisées de ses tours de passe-passe. A grand renfort d’astuces et de chausse-trappes, la magie du cinéma agit définitivement comme un attrape couillon. D’autant plus qu’on a choisi pour héros de ce feuilleton désuet des figures aussi insipides que hautes en couleur, personnages ronflants et typifiés aux noms pittoresques (romanesque Stangerson, pataud Darzac). Podalydès ne lésine pas sur les pots de peinture (le paysage, sublime, aurait suffi), le décor bariolé n’est pas sans nous rappeler nos vieux joujoux-hiboux-poux-cailloux, ajoutant à ce bric-à-brac policier l’esthétique d’une brocante esthétisée.