Kiss kiss bang bang

Film américain de Shane Black

 
Sortie le 14-09-2005

Durée: 1h42

 

Pink fiction. Une version farfelue du film noir.

Un cambrioleur au petit pied (Robert Downey Junior) échoue accidentellement dans un casting. Le voilà acteur, puis (faux) détective coaché par un (vrai) privé gay (Val Kilmer) poursuivi par des tueurs masqués oeuvrant pour le compte d’un producteur impitoyable et corrompu cachant un tueur doublé d’un père incestueux cherchant à couvrir l'assassinat du double de la soeur de l’amie du cambrioleur !
Derrière cette trame rocambolesque se cache un échafaudage savamment emberlificoté d’histoires à fort potentiel romanesque. Trois figures classiques du roman noir - une fausse brute, un looser impénitent et une ravissante paumée - réunis ici par des péripéties affolantes séduisent par la grâce d’une mise en scène inspirée. Le réalisateur, Shane Black, dont c’est le premier film, est un jeune prodige qui a écrit le scénario de L'Arme fatale à 23 ans.
Au-delà d'une déconstruction ludique des conventions et des codes du film noir se niche une belle idée scénaristique : les deux héros, Harry et Harmony, qui se sont connus enfants, sont hantés par le souvenir d’un personnage de fiction - Jonny Gossamer, un dur de film noir, « l’homme qui défie la mort » - dont l’univers va contaminer progressivement la réalité, embrouillant avec subtilité toutes les catégories de la logique ou du bon sens. Dans le registre de l’humour, dont le réalisateur n’est pas avare, le héros-narrateur tient le récit à distance jusqu’au bout, et même la happy end reste suspendue dans le vide… Pur divertissement, élégant, ce premier long métrage réunit la quintessence du roman noir et l’esprit burlesque des films de pulp fiction. On retiendra surtout des acteurs magnifiques et des dialogues étincelants, avec une mention spéciale tout de même pour Val Kilmer en Gay Perry : émouvant, nouveau, attachant.