Dear Wendy

Film danois de Thomas Vinterberg

Avec Jamie Bell, Bill Pullman, Michael Angarano, Danso Gordon, Chris Owen, Alison Pill, Mark Webber





Par Henri Lanoë
 
Sortie le 22-06-2005

Durée: 1h41

 

Danish Pastiche

Il n’y a pas si longtemps existait un cinéma danois. On pouvait facilement l’identifier car, entre autres, on y parlait danois pour débattre des problèmes existentiels qui préoccupaient une population rude, protestante, coincée et septentrionale. Il y avait le grand ancêtre, Carl Dreyer bien entendu, mais aussi des réalisateurs estimables, quoique plus mineurs, parmi lesquels Bille August (Pelle le Conquérant), Gabriel Axel (Le Festin de Babette) ou… Thomas Vinterberg, co-auteur avec Lars von Trier du fameux Dogme 95 qui remettait en cause les principes de l’écriture cinématographique, des films susnommés entre autres. Tourné selon ces principes, son Festen nous donnait, avec une image et un son merdiques, une vision néanmoins intéressante et critique de la famille danoise. Quant aux Idiots, de L.v.Trier, ils possédaient une insolente fraîcheur que l’on n'a guère retrouvée dans les films suivants, puisque ni Thomas ni Lars n’ont vraiment prolongé les provocations techniques du Dogme (seul, le pauvre Jean-Marc Barr y croit encore…)

Malheureusement, aujourd’hui, Lars von Trier, comme Wim Wenders, ne tourne plus un mètre de pellicule hors du contexte cinématographique américain. Mais contrairement à Wim, Lars ne se croit pas obligé de tourner sur place ses films, qui se déroulent aux Etats-Unis (on sait qu’il n’aime pas l’avion). Ce doit être contagieux puisque Thomas Vinterberg présente à son tour les symptômes de la même affection. Il nous propose un Dear Wendy - écrit of course par Lars, son gourou - qui se déroule dans un village de western bidon, avec shérif à chapeau scout (l’ineffable Bill Pullman), sirènes, gyrophares, et fusillade finale pour en finir avec une bande de jeunes, déguisés en dandys, qui collectionnent des revolvers anciens (mais en état de marche). On ne voit pas ce qui a bien pu séduire Vinterberg dans cet amas de personnages clichés qui évoque plutôt un pastiche de BD franco-belge, entre Lucky Luke et Blueberry, l’humour en moins, que les westerns d’Howard Hawks. Le bain de sang final (hommage à Sam Peckinpah ?) introduit, dans un montage tape-à-l’oeil, la trajectoire balistique des projectiles et la pénétration radiographiée des balles dans les chairs. Hélas, tout cela est bien gratuit et bien moins intéressant que la relation qu’entretenait le père avec sa descendance dans le sulfureux et danish talking Festen.