Herbes fauchées
Aux antipodes d’On connaît la chanson (1997), dont le caractère enlevé avait emporté l’enthousiasme du public, ces Herbes folles ne grimpent pas haut. La folie douce qui les fonde agit davantage comme un prétexte à jouer et faire jouer : Alain Resnais se fait plaisir, semblant oublier son spectateur.
Marguerite se fait voler son sac. Georges retrouve son portefeuille dans un parking. Commence une rencontre (amoureuse) qui n’a de cesse de progresser et de régresser, pour finalement se conclure.
Alain Resnais revisite la rencontre amoureuse en dérogeant aux normes, en déréglant ses convenances cinématographiques. Marguerite et George emportent leurs proches dans leurs mouvements ambivalents l’un vis-à-vis de l’autre, entre inhibitions et envolées. Pourquoi pas ? L’idée première du scénario n’est pas sans originalité. Mais le traitement repose sur l’étirement de séquences creuses, gonflées par une voix off encombrante. Le cinéaste veut montrer le brin de folie à l’oeuvre, mais il confine son film dans une lassante arythmie. Un film vain, où l’écart se réduit à un pur mécanisme dramaturgique.